ADEME Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie

L'ADEME en Guadeloupe

Transports

Action régionale

Que faire pour maîtriser l'énergie dans le domaine des transports en Guadeloupe ?

Contrairement à l’hexagone, le recours à un véhicule électrique alimenté par l’électricité du réseau n’est pas la solution écologiquement la plus adaptée. En effet, produite à plus de 88 % par du charbon et du fioul lourd, l’électricité Guadeloupéenne est très fortement carbonée et fortement émettrice de polluants atmosphériques. L’usage du véhicule électrique en Guadeloupe, alimentée par l’électricité du réseau, équivaudrait, en terme d’émissions de gaz à effet de serre, à l’usage d’un véhicule thermique de forte puissance (équivalent à la classe D) ! Par ailleurs, une augmentation significative du parc conduirait à déséquilibrer les conditions de production et de distribution de l'électricité sur un réseau insulaire. Lequel dispose de faible marge de manœuvre pour ajuster l'offre à la demande.

Émissions de CO2 des véhicules électriques en fonction de la source d'énergie. Voir le descriptif détaillé ci-après

Descriptif détaillé du graphique (XLS - 18.9Ko)

Par ailleurs, s’agissant du véhicule hybride, seule la technologie « full-hybrid » est à même de répondre à des objectifs environnementaux et énergétiques ambitieux (réduction de 50 % des émissions de CO2). Toutefois, les bénéfices environnementaux sont limités à la conduite urbaine et souffrent encore des capacités limitées des batteries. Au regard des conditions topographiques des îles les bénéfices environnementaux pourraient être quelques peu amoindris. S’agissant des véhicules hybrides rechargeables, ils seront confrontés aux mêmes contraintes que les véhicules électriques.

Actes du séminaire transport du 26 février 2014

L'Observatoire des transports de la Guadeloupe animé par la DEAL, l'ADEME et le Conseil régional de la Guadeloupe ont organisé, le 26 février 2014, un séminaire technique qui traitait des enjeux économiques, environnementaux et sociaux du transport de marchandises en Guadeloupe. Les actes de ce séminaire sont aujourd'hui disponibles, bonne lecture.

Consulter les actes du séminaire (PDF - 2.5Mo)

Quelles sont donc les solutions pour la Guadeloupe ?

D’autres solutions efficaces existent pour limiter nos consommations d’énergie dans le transport :

Favoriser la marche à pied et l’usage du vélo pour les courtes distances

« L’énergie qui n’est pas consommée est la moins polluante ! »
Pour ce type de déplacement courte distance (moins de 3 km), les moteurs s’usent davantage : la phase de mise en route représente plus de 50 % de leur usure. Mal lubrifiés, ils supportent moins bien les frottements. Ils surconsomment : 30 à 35 % de consommation en plus, en ville, sur les deux premiers kilomètres. Les plus forts rejets de CO2 ont lieu quand le moteur est froid et ils polluent deux fois plus : ils émettent plus de particules et de polluants (source ADEME 2012).

Utiliser plus fréquemment les transports collectifs

Le transport en commun est une solution durable permettant de concilier les besoins de déplacement et la limitation de la pollution atmosphérique. Les émissions polluantes sont réduites d’environ un tiers par passager transporté par rapport au véhicule individuel.

Émissions de CO2 selon le type de transport utilisé. Voir le descriptif détaillé ci-après.

Source : ADEME

Descriptif détaillé du graphique (XLS - 18.9Ko)

D’autres atouts s’attachent à une meilleure utilisation des transports en commun :

  • un véhicule de transport en commun utilise également au moins six fois moins d’espace sur la route que le transport automobile, générant ainsi moins de congestion ;
  • il requiert aussi moins d’espace de stationnement, limitant ainsi le volume des parcs de stationnement des zones desservies ;
  • avec la diminution du volume de la circulation, la sécurité routière se trouve également améliorée, en baissant significativement le nombre d’accidents.

Organiser les transports à l’échelle de l’entreprise, des établissements ou des écoles

L'objectif est de trouver collectivement des solutions d’économie d’énergie (plan de déplacements entreprises, plan de déplacements scolaire, covoiturage).

La DEAL et l’ADEME favorisent des démarches vertueuses dans le cadre des activités de l'observatoire régional des transports. A ce titre, ces deux entités ont initié une étude qui vise le développement des modes de transport sobres et peu émetteurs de gaz à effet de serre dans la zone d'activités de Providence (Abymes). Plus de 200 entreprises sont concernées. Les premiers résultats de cette étude ont été présentés en avant-première dans le cadre l'édition 2013 de la semaine européenne de la mobilité. Le bureau d'études Mobhilis animera le débat avec les acteurs locaux impliqués. L'objectif est de formaliser les actions en matière de mobilité durable, qu’il convient d’impulser ou de privilégier dans la zone d'étude.

D’autres solutions existent également à l’échelle des établissements scolaires, comme le ramassage collectifs des enfants à pied (Pédibus). Cette solution a été mise en œuvre à titre expérimentale en 2007 dans le quartier de Lauricisque.

Exemple de ramassage scolaire à pied dans le quartier de Lauricisque le 15 octobre 2007 :

Écoconduire

Les habitudes personnelles de conduite ont un impact important sur la consommation : certains comportements au volant font consommer de 5 % à 40 % de carburant en plus. C’est pourquoi il faut connaître les bons plans économiques et écologiques du démarrage à l’arrivée !

Un moteur ne fonctionne bien que quand il est chaud

À froid, mal lubrifié, il s’use davantage. C’est encore plus vrai si on « pousse » le moteur (ne pas pousser le régime moteur peut faire économiser jusqu’à 20 % de carburant). Par ailleurs, il est inutile de faire tourner le moteur au ralenti pour le faire chauffer, commencez à rouler tout de suite à vitesse modérée et en accélérant doucement pendant les cinq premiers kilomètres. Sinon, la surconsommation en ville peut atteindre 45 % sur le premier kilomètre, 25 % sur le second. La pollution aussi augmente sensiblement, car les pots catalytiques ne fonctionnent pas de manière optimale à froid.

Trop vite, on surconsomme

Faire varier la vitesse de 10 km/h hors agglomération peut avoir des conséquences importantes en terme de consommation d’énergie. Une conduite souple et fluide, sans agressivité et sans à-coup évite des surconsommations importantes. Anticiper et rouler calmement, c’est moins de stress, moins de pollution, des économies de carburant et plus de sécurité.

Arrêter le moteur

En stationnement ou en file d’attente à la station-service, c’est une bonne habitude à prendre !

Vérifier la pression des pneus

Vérifier leur pression au minimum tous les deux mois fait faire des économies et est une garantie de sécurité. Pour vérifier leur pression, il faut avoir roulé moins de 3 km (pneus froids).

Enfin, la climatisation est un élément de confort coûteux !

Une voiture climatisée, c’est plus de carburant consommé, plus de pollution atmosphérique et plus d’émissions de gaz à effet de serre : ceux produits par la consommation de carburant, mais aussi les fluides frigorigènes qui s’échappent du circuit de climatisation.

La surconsommation de carburant des véhicules due à la climatisation : représente +3 à 10% sur route et +15 à 25% en ville

Pour un véhicule de gamme moyenne, la climatisation à elle seule (usage et fuites de fluide frigorigène) peut être responsable d’une augmentation jusqu’à 13 % de ses rejets annuels de gaz à effet de serre. Pour limiter les surconsommations et les pollutions dues à la climatisation, voici quelques conseils :

  • faire changer le filtre à air habitacle tous les ans ;
  • tant que la climatisation produit de l’air froid, il est inutile de la faire recharger en fluide frigorigène ;
  • ouvrir les fenêtres pour évacuer la chaleur avant que la climatisation soit en marche ;
  • stationner à l’ombre quand c’est possible ;
  • fermer les fenêtres dès que la climatisation fonctionne ;
  • ne pas dépasser 4 à 5 °C de différence entre l’extérieur et l’intérieur de la voiture climatisée ;
  • éteindre la climatisation automatique tant qu’il ne fait pas trop chaud ;
  • utiliser la commande « recyclage », en climatisation manuelle, pour récupérer l’air frais de l’habitacle et réduire ainsi l’énergie consommée par le système.

Privilégier les véhicules de classe A lors de l’achat de votre véhicule

Quand on achète une voiture, quels sont les critères qui guident le choix ? Elle doit bien sûr être adaptée aux besoins, dans une gamme de prix donnée. Des données plus « subjectives », confort, esthétique, prestige… ont un poids qu’il ne faut pas sous-estimer. Elles sont même parfois essentielles. Mais, aujourd’hui, la consommation de carburant tend à devenir un critère de choix prépondérant au regard de son coût pour les ménages. Opter pour des véhicules sobres permet de limiter durablement la consommation de carburant et les émissions de gaz à effet de serre.

Afin d’aider le consommateur à choisir son véhicule en fonction de sa consommation de carburant et ses émissions de gaz à effet de serre, une étiquette énergie - CO2 figure aujourd’hui sur tous les véhicules neufs présentés en concession. Par ailleurs, l’ADEME publie annuellement le palmarès des véhicules les plus sobres mis sur le marché.

Modèle d'étiquette énergie-CO2 des voitures

Utiliser un véhicule électrique mais alimenté à 100 % par une source d’énergie renouvelable (photovoltaïque, par exemple)

L’utilisation du véhicule électrique peut être avantageuse si sa source d’énergie primaire est d’origine renouvelable à 100 %. Les installations qui pourraient être développées couplent véhicules électriques et production d’électricité à partir d’énergie renouvelable sans connexion au réseau. Cet usage du véhicule électrique suppose la mise sur le marché d’un véritable « service de mobilité » : véhicule + fourniture d’électricité.

Exemple de service de mobilité décarbonée alimenté uniquement par une source d’énergie photovoltaïque (source ADEME-DEAL)

Pour que ce type de projets réussisse, trois conditions doivent être réunies :

  • le projet doit répondre à un besoin de mobilité connu et donc prévisible ;
  • le véhicule doit pouvoir rejoindre son point de recharge unique rapidement (circulation dans un périmètre limité) ;
  • le service proposé est très onéreux et s’adresse donc à des usages particuliers (locations courtes durées, sur des îles touristiques, pour les navettes aéroportuaires par exemple).

Ce nouveau service peut constituer une voie de diversification d’activités pour les entreprises du photovoltaïque.

Les alternatives au tout voiture en Guadeloupe

Quelles sont les alternatives au tout-voiture en Guadeloupe ?

Telle est la question qui était posée lors de l'atelier Ecomobilité, organisé le 9 octobre 2013, par le CAUE Guadeloupe, l'Ademe et la DEAL.

Toutes les présentations de l'atelier Écomobilité