Voies de valorisation

La sargasse est une ressource aléatoire. Un modèle économique basé uniquement sur cette algue s’avère difficilement viable. La sargasse doit donc intégrer une filière basée sur des apports plus variés.

D’autant plus que le traitement est une charge importante : les algues sont le plus souvent ramassées à terre avec du sable, voire des déchets plastiques.

La collecte est perfectible afin d’éviter un prétraitement avant valorisation. Rendre l’algue inerte (séchage par exemple) permettrait de la conserver et de lisser sa valorisation dans le temps.

Par ailleurs, réduire le volume d’algues par compaction/déshydratation aiderait à optimiser le transport et le stockage.

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Site d’épandage aux Saintes

Limites du stockage des sargasses par épandage

Les terrains de stockage ont été sélectionnés, en privilégiant l’impact environnemental moindre (éloignement des cours d’eau et des zones d’habitation).

Une étude coordonnée par l’Institut technique tropical (IT²), en partenariat avec le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement, le Centre technique de la canne et du sucre de la Martinique, la Chambre d’agriculture de Guadeloupe, l’ADEME Guadeloupe et la Collectivité territoriale de Martinique, a étudié les effets de l’épandage agricole direct de sargasses. Les résultats montrent de faibles apports agronomiques et de potentiels problèmes de salinisation des sols, ainsi qu’une détection d’arsenic et de chlordécone sur certains sites. L’épandage agricole de sargasse est par conséquent déconseillé.

Une évaluation de la contamination des sites sera effectuée par le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), et soutenue par l’ADEME, afin d’étudier l’impact environnemental de ce stockage.

Composter les algues sargasses

Pour l’instant, le co-compostage des sargasses, avec des déchets verts et agricoles, est la seule soie de valorisation effective dans les Antilles françaises. La sargasse enrichit le compost en oligoéléments et active la procédure de transformation des biodéchets.

Autres possibilités

Une étude a été financée par l’ADEME Guadeloupe dans le but de rechercher des molécules d’intérêt pour la nutrition animale et végétale dans les sargasses. Certaines propriétés immunostimulantes et anti-oxydatives ont été identifiées, mais la présence d’arsenic, à des concentrations importantes, exclut toute utilisation pour la nutrition animale ou humaine.

Une autre étude a été soutenue par l’ADEME Guadeloupe, afin de définir le potentiel méthanogène de la sargasse. Elle a révélé un intérêt limité en raison de la présence de concentration importante de sels et de sulfates, inhibant le processus de méthanisation.

Une étude, en tant que charge naturelle dans la fabrication de plastique, a permis de mettre en évidence plusieurs caractéristiques intéressantes des matériaux produits avec les sargasses. Avec le co-compostage, la production de bioplastiques est actuellement la voie la plus prometteuse et la plus immédiate de valorisation des algues sargasses.

D’autres îles de la Caraïbe utilisent les sargasses comme torchis en construction (Porto Rico), et réfléchissent à la compression de sargasses pour en faire des contenants (République dominicaine).

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Descriptif détaillé du tableau (PDF - 114.26 Ko)

Quelques documents de référence